Coudre ma tente – La découpe des pièces

La première chose à faire avant de se lancer dans la découpe… c’est de pousser les meubles pour se dégager de l’espace !

Ensuite, récupérer le matériel nécessaire au traçage des différentes pièces :
– Pour écrire sur les tissus siliconés et sur la moustiquaire, la seule chose que j’ai trouvée qui tienne et qui puisse se laver facilement, ce sont les stylos Uni-Ball Signo Broad. J’en ai utilisé un blanc et l’ai intégralement vidé pour tout tracer. Ce n’est pas parfait, c’est parfois difficile de le faire écrire, il laisse des traces blanchâtres après nettoyage à l’eau, mais bon, c’est une tente pas un vêtement.
– Une règle de 2 mètres… Que tout le monde n’a pas forcément. Pour ma part, j’ai emprunté une barre en aluminium à mon bricoleur préféré.
– Une grande équerre. Même chose : j’ai utilisé une planche de médium de 75cm dont j’étais sûre qu’elle était vraiment carrée.
– Un rapporteur pour mesurer les angles donnés sur le patron.
– Des poids, en quantité, pour tenir les tissus (boites de conserve).

Et bien sûr, des ciseaux… qui coupent ! Ne pas hésiter à les faire aiguiser avant de commencer parce que de la découpe, il va y en avoir : de grandes longueurs sur des tissus très fins, fuyants, glissants… Et inutile de préciser que si la découpe est précise, la couture sera facilitée.

Ensuite, yapluka !

Là, c’était la partie facile, le tapis de sol. Le tissu est assez rigide et ne glisse pas trop. Inutile de perdre son temps à essayer de le scotcher au sol, rien ne tient sur le polyuréthane (et encore moins sur le silicone).


Il m’a fallu 4 heures pour tracer et couper le tapis de sol et les 4 pièces qui forment le toit…

Le lendemain, finis les rectangles tout simples : je coupe les portes d’absides. Pas un angle droit, des formes bizarres en haut des triangles à mesurer, tracer, angles à vérifier… De la géométrie comme à l’école !
Je vous ai dit que j’étais un peu fâchée avec le calcul ? En plus, comme toutes les dimensions de mon patron sont en pouces et en fractions de pouces, j’ai donc souvent des choses du genre 45 5/32″ à convertir en cm… J’ai finalement tracé une porte d’abside sur du papier (grand, très grand) avant de le replacer 4 fois sur mon tissu.

Après, il a fallu tracer les « chainettes » (catcut en anglais) : accrocher le patron sur un mur (ou au dossier de mon canapé), et suspendre une ficelle/chainette (ici, du plomb pour rideaux, très efficace) entre les deux extrémités pour 10 cm au plus creux de la courbe. Pas facile à expliquer, voir les photos… Bref, ça fait un bel arrondi à la base des 4 portes d’absides et des deux pans les plus bas du toit de la tente.

Enfin, je n’ai plus qu’à marquer les marges d’ourlet et j’en aurai fini avec ces portes !

Vient maintenant la découpe de la moustiquaire. Elle est extraordinairement fine. J’ai directement dessiné le patron des portes zippées sur du papier pour le reproduire sur la moustiquaire.
Tant que le tissu était en place, j’en ai aussi profité pour dessiner la position de la fermeture éclair. Pas en arc-en-ciel comme prévu par le modèle mais plutôt en arc-en-ciel inversé, en démarant et finissant en haut pour pouvoir la rouler et la fourrer dans une poche que je rajouterai au sommet de la porte : comme ça, je n’aurai pas une masse de moustiquaire hyper glissante dans le passage.
J’ai trouvé cette idée dans la vidéo de Stories from the Trail (à partir de 2:20mn) et je ne crois pas la modification trop difficile alors je me lance et on verra !

J’ai donc coupé une façade en une après-midi : un triangle de 2.37m sur 0.90 de haut pour…. 23g !!!!! Le lendemain, je coupe la deuxième porte et les deux bandes de ventilation qui raccordent le tapis de sol au toit à la tête et aux pieds.

Et après, je pourrai enfin me lancer dans la couture !!!!

Coudre ma tente – La maquette

Vous avez donc compris que l’ensemble des tissus, sangles, tendeurs, fils, boucles, produits d’étanchéité, etc. reviennent très chers, même si le coût final est bien inférieur à celui d’une tente équivalente du commerce.

Il fallait donc que je fasse une toile pour être sûre de ne pas me rater. Mais ça représentait une telle quantité de tissu que j’ai finalement choisi de faire une maquette au 1/5ème.
Pourquoi 1/5ème ? Parce tout est mesuré en pouces, soit 2.5cm. Le 1/5ème me facilitait les calculs, notamment des marges de coutures qui se retrouvaient réduites à 5mm. D’un autre côté, faire des coutures anglaises sur 5mm de marge de couture… C’était pas gagné.

Mais faisable !
Pour faire cette maquette, j’ai utilisé de la toile à cerf-volant que j’avais dans mon stock et de la moustiquaire de chez Mondial Tissus.

Les pièces 1 et 2 assemblées ensemble (2 de chaque) forment le toit. On y ajoute les pièces 3 (4 pièces) qui forment les portes d’absides. Les pièces 6, sur lesquelles il faut coudre une fermeture éclair (je n’en mettrai qu’une pour la maquette), forment les portes de la tente. Les pièces 7 forment la jointure entre le sol et les cotés du toit : ils sont en moustiquaire pour évacuer la condensation qui se formera à l’intérieur du toit. La grande pièce noire sous les moustiquaires est le tapis de sol.

Je ne vous cacherai pas que ça a été un cauchemar à coudre, certaines pièces étaient tellement petites !!! Notamment les pièces n°7 sur la photo ci-dessus. Sans parler de faire une couture anglaise de 5mm sur de la moustiquaire…

N’empêche, cette maquette m’a servi à comprendre le montage, à voir les parties plus délicates à coudre (en particulier l’apex où se rencontrent le toit et les portes en moustiquaire), comment coudre les renforts, et surtout à voir « en vrai » à quoi ma tente allait ressembler.

La vraie tente se monte avec des bâtons de marche réglés à 115cm. J’ai donc monté la tente avec deux morceaux de bois recoupés à 23cm. Bien sûr, il n’y a pas de tendeurs, juste des noeuds règlés à peu près pour tendre sans trop tirer sur les « sardines » qui ne sont que des épingles à tête, le tout sur des plaques d’isolant tenues par du scotch. Les différents anneaux ont été recyclés sur de vieux soutient-gorges…
On fait avec ce qu’on a 😉

Vue de l’arrière avec les portes d’abside ouvertes. Elles sont juste tenues avec un petit lien. La vraie tente aura des attaches plus conventionelles bien sûr. Je n’ai pas cousu de fermeture éclair de ce côté, je n’en avais qu’une suffisamment longue en stock…

La maquette avec la porte moustiquaire ouverte. Ici on voit bien qu’elle traîne par terre… et qu’il sera difficile d’entrer et sortir sans la massacrer rapidement. Il faut vraiment que je trouve un moyen de résoudre ça sans devoir la nouer à chaque utilisation.

Et pour clore ce chapitre, voici les liens vers les vidéos que j’ai regardées, appréciées et utilisées pour coudre cette maquette, puis la vraie tente (toutes les vidéos sont en anglais) :
– Bien sûr, je remets ici le lien vers la vidéo du créateur du patron Dubber Designs
– La playlist de Sara Quack avec 8 vidéos des étapes de montage/couture très détaillées.
– La vidéo de Michael Breaux qui a choisi de faire coudre sa tente par une couturière. Le principal intérêt est la visite archi complète (voire un peu loooongue) mais très détaillée de chaque recoin et détail de la tente.
– La tente de GoodGearGuy, dont c’était le premier projet de couture. Et wow !!!
– Enfin la tente de MarkoMM qui a créé son propre patron, qui ressemble furieusement à la Kensho2… mais qui donne beaucoup de détails dans la façon de la coudre bien que le montage final soit différent (3 vidéos).

Coudre ma tente – Choix du patron et des tissus

Petit cahier des charges de la tente :
– Légère, moins de 800g « nue » (sans les sardines)
– 2 places pour que je puisse mettre mes affaires à l’abri
– Suffisament haute pour que je tienne assise
– Facile à monter

Le patron a été facile à trouver puisqu’à ce jour, il n’en existe qu’un seul digne de ce nom : Kensho 2, créé par Dubber Designs.

Ce patron (en anglais, mais tout sera en anglais dans ce projet) est bien fait même si en réalité, il ne s’agit pas vraiment d’un patron : il n’est pas nécessaire d’imprimer quoi que ce soit, juste reproduire des shémas aux bonnes dimensions directement sur les tissus. Les indications des shémas sont très claires et faciles à suivre, le problème se situe plus dans la dimension des pièces de tissu (plus de deux mètres pour l’une d’entre elles ) !

En ce qui concerne la difficulté…
Ce patron est donné comme accessible à toute personne ayant déjà un peu d’expérience en couture avec une machine domestique. Certains randonneurs sans aucune expérience disent l’avoir faite sans trop de difficultés.
D’autres disent l’avoir cousue en une quinzaine d’heures : là, permettez-moi d’avoir un doute… ou alors ils cousent comme des cochons ?

Pour moi, la difficulté majeure de ce « patron », ce sont les unités de mesure. Toutes en pouces…
J’ai donc tout converti en cm avant de me lancer, et sachant que je suis complètement hermétique à toute forme de calcul, je vous laisse imaginer la gymnastique de cerveau pour calculer 29/32ème de 2,54cm… J’aurais aussi pu travailler directement en pouces, j’ai un « cm » de couturière en mesures impériales, différentes règles aussi. Mais… MAIS… trouver 29/32ème sur une règle est bien pire que tous les calculs de conversion, croyez-moi !

Cette tente présente certains avantages :
– Elle se monte sans piquets, juste avec des bâtons de marche (gain de poids)
– Le patron est facilement modifiable. Avec un peu de débrouille, on peut l’agrandir ou la rétrécir, ajouter des accessoires, etc. Pour ma part, je déteste l’idée d’avoir cette porte en moustiquaire qui traine par terre lorsqu’elle est ouverte, et ça, je devrai trouver un moyen de le changer !

Ensuite, j’ai dû chercher les tissus et le matériel.

Par mes très nombreuses lectures, je savais qu’il y avait deux fournisseurs principaux de tissus techniques, légers et de qualité : Ripstop by the Roll aux Etats-Unis et Extrem Textil en Allemagne. En fait, il y a bien d’autres fournisseurs, mais chez chacun, on ne trouve pas tout ce dont on peut avoir besoin pour faire une tente : l’un n’aura que le tissu de toit mais pas de sol, un autre n’aura pas la quincaillerie, un troisième n’aura pas de tissu assez léger, ou encore la traduction depuis le finlandais (ou autre langue) fait que je ne suis pas très sûre de ce qui est proposé…

Je me suis donc arrêtée à ces deux sites. Puis rapidement, j’ai cherché à tout prendre chez Ripstop by the Roll parce que leurs produits sont moins lourds que chez Extrem Textil (chez qui il aurait fallu en plus convertir des yards (du patron) en mètres pour passer commande…). Je savais à peu près ce que je voulais puisque plusieurs personnes avaient déjà cousu cette tente et avaient publié des articles ou des vidéos assez complets qui détaillaient les tissus sélectionnés, les difficultés rencontrées et surtout le poids de la tente finie. D’ailleurs, au fil du temps, pratiquement tous finissaient par utiliser les mêmes références chez Ripstop by the Roll pour arriver à un poids final de 750g à 900g selon les modifications apportées au modèle.

J’ai donc suivi le mouvement et passé commande de :

  • Pour le toit de la tente : 10 yards de Silpoly 1.1oz/sqy soit 37.30g/m² (« olive green ». Plutôt verdâtre… mais soldé ;-))
    Petites précisions :
    – Les poids des tissus donnés sur les différents sites sont AVANT enduction. Donc en réalité, le tissu est un peu plus lourd.
    – Le silpoly est un polyester enduit de silicone. Pour un toit de tente, il vaut mieux privilégier le polyester qui se détend moins que le nylon en présence d’eau.
  • Pour le sol : 4 yards de Silpoly PU4000 1.1 oz/sqy soit 37.30g/m² (noir)
    – Il s’agit ici d’un polyester enduit de silicone et polyuréthane sur une face et de plusieurs couches de polyuréthane de l’autre pour une étanchéité de 4000 mm.
  • Pour les renforts : 1 yard de HEX70 XL 2.2 oz/sqy soit 74.60g/m² (olive green)
  • Pour les façades : 5 yards de NS50 Noseeum mesh 0.5 oz/sqy soit 16.96g/m² (noir)
    – Il s’agit d’une moustiquaire extraordinairement fine et légère. L’aspect est proche de celui d’un bas. A réception de la commande, j’imaginais déjà le pire pour la couture de cette matière…
  • Fermetures éclair : 20 yards de fermeture n°3 IKK plus 4 curseurs doubles n°3 (noir)
  • 4 bobines de fil à coudre Gutermann Mara 70 (2 vertes et 2 noires)
    – une bobine de chaque couleur auraient suffi mais j’ai d’autres projets de couture qui en demanderont plus tard.
  • 1 tube de Sil Net Silicone Seam Sealer, produit d’étanchéité coutures pour tissus enduits de silicone
  • 1 tube de Seam Grip Sealer and Adhesive, produit d’étanchéité coutures pour tissus enduits de polyuréthane

Les 3 grosgrains synthétiques et les anneaux triangulaires en haut à gauche ont été commandés chez AliExpress (Chine) il y a quelques mois, ainsi que 8 sardines en titane qui ne sont pas sur la photo.

Et dernière chose… Evacuons tout de suite la question des frais de port, douanes, taxes…
En dehors des frais de port, le moindre colis en provenance des Etats-Unis est soumis à la TVA et à des droits de douane.
Donc pour un colis d’une valeur de 150€, il faut ajouter :
– environ 30€ de frais de port (Fedex en standard)
– 20% de TVA
– 3% de droits de douane
– 26€ de frais de dossier (facturés par Fédex si j’ai bien compris)

Ce qui fait que le colis de 150€ à la base revient à un peu plus de 200€…
Mieux vaut donc ne rien oublier…

Vous me voyez venir ?

La chasse aux grammes

Depuis trois ans que je me suis mise à la randonnée, j’ai acheté pas mal de matériel. Progressivement, j’ai réalisé l’importance du poids de tout ce que je portais, au point que l’automne dernier, j’ai dû raccourcir mon périple sur le chemin de Compostelle parce que mon sac était trop lourd et que je n’en pouvais plus…

En plus, j’aimerais tenter l’expérience du bivouac. Sauf que : bivouac = matériel supplémentaire = poids supplémentaire.

Alors j’ai commencé à me renseigner sur la « MUL » ou Marche Ultra-Légère. J’ai lu et relu des tas de forums, visionné des dizaines et des dizaines (sans rire !) de vidéos, et griffoné des tas de notes sur « Comment s’alléger », « Comment remplir son sac », « Comment choisir son matériel », etc.

C’est juste passionnant.

La première chose qui ressort de façon certaine de toutes ces recherches, c’est que quel que soit le matériel considéré, moins c’est lourd, plus c’est cher.
La deuxième chose est que si je couds moi-même une partie de mon matériel, je pourrais réduire le coût au moins de moitié et alléger là où j’ai besoin.

Le but, cette année, serait de partir en autonomie complète avec un sac de 8kg (hors eau et nourriture), sachant que l’année dernière je devais porter à peu près 13kg…

Je suis donc partie à la chasse aux grammes.

J’ai listé absolument tout mon matériel dans un tableau Excel avec, pour chaque objet, son prix, ses date et lieu d’achat, son poids, et une colonne « note » dans laquelle j’indique si je dois améliorer et comment, ou bien carrément remplacer.

Et puis il y a ce que je vais coudre, à commencer par ma tente qui fera l’objet des prochains articles.

tente

Tente Kensho 2 de Dubber Design – Ce modèle réalisé par « ULEnchilada« 

Livre bébé n°2

Pour une amie qui partait à la retraite, j’ai choisi de faire un livre bébé, parce qu’elle avait adoré le premier. Je sais qu’elle a deux petites filles qui ne manqueront pas de jouer avec. Chaque page a donc été faite pour que les enfants puissent jouer avec, mais néanmoins en rapport avec ses activités de future retraitée…

 

« Maintenant que je suis à la retraite, je peux me lever quand je veux le matin… »


« Je peux m’habiller comme je veux… »

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« Je fais le ménage si je veux… »

 

« Je me douche si je…
Je me douche.« 

« J’ai le temps de jouer avec mes petites filles…. »

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« Je peux partir en vacances quand je veux »

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« Et je peux même aller à la pêche ! »

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Tout comme pour le premier quiet book, je tiens à remercier Irina qui a été d’une grande aide et toujours de très bon conseil.